Jésus, premier et parfait modèle des consacrés

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Samedi 8 septembre 2018 : Journée des vœux perpétuels de sœurs Adélaïde et Gabriella (P. Bernard)

Bien chères familles de sœur Adélaïde et sœur Gabriella, bien chers amis,

L’homélie de la Messe puis celle de la cérémonie des vœux vous permettront de mieux comprendre ce qu’est la vie consacrée et les raisons pour lesquelles la Maison Mère de notre Communauté se trouve en ce petit village de St-Pierre-de-Colombier.

Avant de parler de nos Fondateurs, il est important de rappeler la Tradition de l’Eglise, enseignée avec autorité par le Pape Jean-Paul II dans l’exhortation apostolique sur la vie consacrée « vita consecrata » : Jésus est le Fondateur de la vie consacrée. Il n’est pas seulement le Fondateur, Il est le premier et le modèle parfait de tous les consacrés. Il a choisi de vivre, par obéissance à Son Père, pauvre, chaste et obéissant. Jean-Paul II a affirmé avec autorité que l’on ne pouvait pas concevoir une Eglise avec deux états de vie seulement : les ministres ordonnés (évêques, prêtres, diacres) et les fidèles laïcs. Les consacrés font partie du troisième état de vie des membres de l’Eglise. Dans la Constitution dogmatique « Lumen Gentium » du Concile Vatican II, la place des consacrés est bien précisée. Le chapitre 6 leur est attribué après le chapitre 5 sur l’appel universel de tous les baptisés à la sainteté et le chapitre 7 sur le Royaume des Cieux. Les consacrés, par la profession des conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance, doivent être pour les membres de l’Eglise – mais aussi pour tous les hommes de bonne volonté – les témoins de la sainteté de Jésus et de son Eglise. Ils sont aussi les signes du Royaume des Cieux en rappelant par leur style de vie que nous n’avons pas été créés pour vivre éternellement sur la terre mais pour le Ciel. Par la pauvreté, ils témoignent qu’ils ne veulent avoir qu’un seul bien : le Royaume des Cieux. Par leur chasteté, ils renoncent à un mariage humain, non par mépris pour le mariage, mais pour choisir Jésus, comme unique Époux. Par leur obéissance, ils révèlent que la sainteté n’est réelle que si l’on obéit à Dieu notre Père. Le péché originel et les péchés personnels sont des actes de désobéissance à Dieu. Jésus, notre parfait modèle, a choisi la voie de l’obéissance à Son Père pour réparer tous ces péchés et accomplir la Rédemption parfaite des hommes : « Me voici, Père, Je viens pour faire Ta Volonté » (cf. He 10).

Les apôtres ont entendu l’appel de Jésus à Le suivre et ils ont tout laissé pour cela. Les Saintes Femmes, à l’école de la Vierge Marie, ont également suivi Jésus dans la voie des conseils évangéliques. Tout au long de l’histoire de l’Eglise, des baptisés ont répondu à l’appel de Dieu de suivre Jésus et de L’imiter dans la voie des conseils évangéliques. Ainsi sont nées, par l’action de l’Esprit-Saint, de très nombreuses communautés de consacrés : les Pères du désert dont Saint Antoine d’Egypte. L’Esprit-Saint a inspiré ensuite des maîtres spirituels qui ont écrit des règles dont les plus importants dans les premiers siècles ont été Saint Basile et Saint Benoît. L’Esprit-Saint a ensuite inspiré Saint François d’Assise, Saint Dominique, Saint Ignace de Loyola et une multitude de Saints Fondateurs et de charismes divers et complémentaires. Tous les consacrés ont un élément commun nécessaire : la profession des conseils évangéliques dans l’imitation de Jésus. On ne vit pas l’état de vie consacrée si l’on n’a pas professé la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Mais cette vie consacrée, selon l’inspiration du Saint-Esprit, se vit selon un style de vie propre et une mission propre : ce que l’Eglise appelle : le charisme propre.

L’inspiration du Saint-Esprit n’a pas cessé au vingtième siècle. De nouvelles formes de vie consacrée sont nées et continuent de naître. Il en a été ainsi pour notre communauté au cœur du vingtième siècle. Notre Père Fondateur et Mère Marie-Augusta ont suivi, d’abord, un chemin de sainteté différent. Notre Fondateur a été très marqué par le scoutisme et l’évangile. Il a décidé, vers ses 17 ans, d’être prêtre. Il a été conquis par le projet du Père Sevin : la fondation de l’Ordre religieux scout. Mais les évêques de France et les Jésuites n’ont pas voulu d’une telle fondation. Le Père est alors devenu prêtre du diocèse de Viviers tout en gardant en son cœur le désir d’une nouvelle forme de vie consacrée dont la mission serait l’éducation intégrale de la personne. Mais le Père, dans son humilité, ne voulait pas devenir le fondateur d’une nouvelle communauté. Augusta Bernard s’est convertie à Paris, après ses 20 ans. Elle a choisi Jésus parce qu’elle avait cette conviction : Il ne la décevrait jamais ! Elle aurait voulu suivre sa sœur de sang et entrer dans la communauté contemplative du Cénacle. Mais elle fut toujours refusée à cause de sa mauvaise santé. La divine Providence avait un dessein particulier pour l’un et l’autre. Ils se rencontrèrent pour la première fois en mars 1943 : le Père avait 29 ans, Augusta Bernard 36 ans. La bénédiction donnée par notre Père Fondateur à Augusta Bernard, qui se préparait à la mort, lui a obtenu une grâce de rétablissement dans sa santé. Nos Fondateurs ne se sont pas précipités pour collaborer. Leur vraie collaboration a commencé le 16 juin 1945. Augusta Bernard a poussé le Père à prendre ses responsabilités de fondateur. Après avoir rencontré Marthe Robin, au cours de la retraite de fin d’année 1945, Dieu lui a donné la conviction qu’il ne devait pas avoir peur d’être fondateur d’une nouvelle Communauté.

Homélie de la Messe de la Nativité de la Vierge Marie.

            Bien chères familles de nos sœurs Adélaïde et Gabriella, bien chers amis,

avec l’Eglise nous nous réjouissons, en ce 8 septembre, de la naissance de la petite Marie. La prophétie de Michée n’annonce pas la naissance de la Vierge Marie, mais celle du Messie, Roi de Paix à Bethléem, dont elle sera la Mère. Le premier chapitre de l’évangile selon Saint Matthieu transmet la généalogie de Jésus, fils d’Abraham, fils de David, engendré miraculeusement dans le sein de la Vierge Marie, l’épouse de Joseph, par l’action de l’Esprit Saint. Saint Matthieu rappelle la prophétie d’Isaïe : la Vierge concevra et mettra au monde un Fils : Emmanuel = Dieu avec nous ! St Jean Damascène célébrait avec enthousiasme la nativité de la Sainte Vierge : « Venez tous : avec allégresse fêtons la naissance de l’allégresse du monde entier ! Aujourd’hui, à partir de la nature terrestre, le ciel a été formé sur la terre. Aujourd’hui est pour le monde le commencement du salut ». L’Eglise universelle exulte de joie :«Aujourd’hui Dieu a fait lever sur le monde l’espérance et l’aurore du salut. C’est pourquoi nous célébrons la naissance de la Vierge Marie dans la joie et nous attendons pour le monde un surcroît de paix! » Ce jour est l’aurore du Salut, parce que la petite Marie dont nous fêtons la naissance deviendra la Mère de Jésus, le Verbe incarné, le Rédempteur des hommes.

La Vierge Marie veut, aujourd’hui, nous apprendre à être petits, à nous laisser former par Son Cœur immaculé pour ressembler à Jésus. Elle nous invite à marcher sur le chemin de la petite voie de l’évangile, la voie royale de la sainteté. Notre Père Fondateur avait une grande dévotion au Cœur Immaculé de Marie, Notre-Dame des Neiges. Il avait fondé à Annonay, dans les années 42-43, l’Equipe Notre-Dame des Neiges pour quelques jeunes filles d’Annonay, très engagées dans l’Action Catholique et désirant se consacrer dans une nouvelle forme de vie consacrée. L’Equipe Notre-Dame des Neiges n’avait qu’un seul but : aider ces jeunes filles à se laisser guider par Notre-Dame des Neiges. Augusta Bernard entra dans cette Equipe en octobre 1944, puis en devint la responsable le 16 juin 1945. Grâce au Père, elle fut conquise par la dévotion à Notre-Dame des Neiges. C’est elle qui poussa le Père à prendre ses responsabilités de Fondateur. Marthe Robin, par ses prières, ses encouragements et ses souffrances offertes, lui obtint cette conviction : Dieu veut cette nouvelle Fondation. Mgr Couderc, évêque de Viviers, n’eut pas alors la grâce de comprendre cela et il nomma notre Fondateur, curé du petit village de St-Pierre-de-Colombier, le 11 février 1946. Notre-Dame des Neiges donna à l’évêque de Viviers, qui appréciait nos Père et Mère, le 15 décembre 1946, la grâce dont il avait besoin pour autoriser la Fondation de notre Famille religieuse. Mère Marie-Augusta et ses 4 premières filles s’installèrent à St-Pierre le 31 mai 1947. Les 13 premiers mois furent pour Mère Marie-Augusta et le Père le temps de la réception du charisme des apôtres de l’Amour. Au cours de la retraite de Péreyres, petit village à une quinzaine de kilomètres de St-Pierre, en août 1948, nos Fondateurs présentèrent à leurs 5 premières filles spirituelles la Volonté de Dieu sur notre Communauté : une Famille Missionnaire avec un Père et une Mère, encordée à Notre-Dame des neiges, composée d’une branche féminine et d’une branche féminine dont la mission était celle des apôtres de l’Amour. Mère Marie-Augusta, décédée le Jeudi Saint 11 avril 1963, n’a pas vu le développement de sa Famille religieuse : 9 sœurs seulement et aucun frère ! La fécondité de sa vie et celle de notre Fondateur commencent à se révéler par le petit développement de leur Famille missionnaire. Merci de prier afin que Jésus et Notre-Dame des Neiges appellent de nouveaux apôtres de l’Amour et que l’église du Cœur Immaculé de Marie puisse bientôt être construite.

Cet après-midi, sœurs Adélaïde et Gabriella professeront leurs vœux perpétuels. La profession des conseils évangéliques est comme un mariage avec Jésus l’Epoux : elle est l’Alliance éternelle. Ce mariage spirituel, Saint Paul en a parlé dans le chapitre 5 de sa lettre aux Ephésiens en disant : ce mystère est grand, il concerne le Christ et l’Eglise. Puisse la Vierge Marie, qui a répondu avec joie et enthousiasme à l’appel de Dieu, en Lui consacrant sa virginité, guider nos sœurs afin qu’elles imitent Mère Marie-Augusta dans son amour amoureux de Jésus, l’Epoux bien-aimé ! La fécondité de toute vie consacrée dépend essentiellement de cette union amoureuse à Jésus. Mère Marie Augusta disait : ce qui fait un véritable apôtre de l’Amour, c’est son activité intérieure intense beaucoup plus que son activité extérieure, mais cependant il faut les deux. En 1948, elle eut ces paroles prophétiques : ses enfants spirituels devraient mener et faire mener le combat olympique de la pureté puis eut cette autre conviction: «le temps presse. Les démons sont déchaînés à travers ce monde perverti. Les cœurs sont pleins de désirs de vengeance, de crimes horribles. Et cependant, au milieu d’eux, s’élève droit, fort, impératif : l’amour. C’est Jésus dans ses amis fideles ». Demandons à Notre-Dame des Neiges de faire partie de ces amis fidèles de Jésus, malgré nos faiblesses, et laissons-nous guider, pas à pas, par elle pour être les consolateurs du Cœur de Jésus en ce temps de grande tempête. Ô douce Vierge Marie, dont nous sommes heureux de célébrer le jour de votre naissance, qui est « l’aurore de notre salut », soyez notre joie et notre espérance, guidez-nous et gardez-nous fidèles à Jésus en nous permettant d’être des apôtres ou des témoins fidèles de Son Amour.

Homélie des vœux des Sœurs Adélaïde et Gabriella

Bien chères sœurs Adélaïde et Gabriella, bien chères familles de nos sœurs, bien  chers amis,

après avoir participé à la Messe de la nativité de la Vierge Marie, nous sommes réunis à nouveau pour la cérémonie des vœux perpétuels de nos sœurs Adélaïde et Gabriella. Cette Liturgie forme un tout avec la Messe de ce matin.

Par le prophète Ezéchiel, Dieu a promis aux membres de Son Peuple un esprit nouveau et un cœur de chair à la place de leur cœur de pierre. Cette promesse s’est réalisée aux jours de notre baptême et de notre confirmation. La profession des conseils évangéliques exprime avec plus de plénitude la grâce du baptême. Nous le constatons dans la vie de Mère Marie-Augusta, Mère et modèle des apôtres de l’Amour. Demandez à l’Esprit-Saint, sœurs Adélaïde et Gabriella, la grâce d’un cœur brûlant d’amour pour Jésus et la grâce de la vraie liberté : la liberté dans l’Esprit-Saint que la Vierge Marie a exercée parfaitement. La liberté des saints, c’est la liberté de ne plus être esclave du péché et du démon pour ne faire plus que le bien et vivre dans l’Amour en imitant Jésus et Marie.

Le psaume 83 nous a invités à chercher Dieu. Benoît XVI, dans son célèbre discours aux Bernardins à Paris, avait résumé la vie des moines par ces deux mots latins : « quaerere Deum » = chercher Dieu. Soyez, sœurs Adélaïde et Gabriella, des témoins passionnés de la recherche de Dieu. Les membres de vos familles et vos contemporains ont besoin du témoignage des consacrés, chercheurs de Dieu. Notre monde souffre de l’absence de Dieu. Beaucoup recherchent l’argent, les biens matériels, les plaisirs, le pouvoir, la gloire personnelle. Par la profession des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, vous témoignez que votre seul trésor est Dieu. Le primat donné en nos journées à la prière publique que l’on appelle l’Office divin témoigne, à la suite de Saint Benoît, que l’on veut ne rien préférer à l’Amour du Christ.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, distinguait la vie selon la chair et la vie selon l’Esprit. L’apôtre des Nations n’aurait pas la faveur des médias en disant : les affections de la chair conduisent à la mort, tandis que les affections de l’Esprit conduisent à la vie et à la paix. Les affections de la chair sont inimitié contre Dieu, elles ne se soumettent pas à la loi divine. Mère Marie-Augusta, en 1948, comme nous l’avons dit ce matin dans l’homélie de la Messe, a annoncé le combat olympique de la pureté que nous avons à mener et faire mener. Notre Mère, en parlant de ce combat, n’avait pas l’intention de condamner ceux qui sont esclaves de la chair, mais les aider à se convertir pour vivre la vie selon l’Esprit. Le fruit de la vie selon l’Esprit est la vraie joie : la joie spirituelle. Cette joie, Jésus l’a annoncée à ses apôtres dans l’introduction de son discours sur la montagne : les Béatitudes. Vivez avec enthousiasme les 8 Béatitudes, vous connaîtrez le vrai bonheur de la vie selon l’Esprit et votre joie sera rayonnante pour tous.

L’évangile de vos vœux est celui qui est le plus utilisé pour les Messes du Sacré Cœur. Vous allez sceller votre Alliance éternelle avec Jésus, doux et humble de Cœur. Jésus a béni son Père d’avoir caché les mystères du Royaume aux orgueilleux de l’esprit et de l’avoir révélé aux petits et aux simples. Mère Marie-Augusta éduquait ses enfants spirituels à combattre énergiquement l’orgueil et à développer la vertu d’humilité. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a été inspirée par Jésus pour donner à tous les consacrés et aussi à tous les baptisés la voie sûre pour aller au Ciel : la voie de l’enfance spirituelle. Personne ne peut, cependant, sans Jésus, remporter ce combat contre l’orgueil. N’oubliez jamais l’appel miséricordieux que le Cœur de Jésus vous lance en ce jour : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le poids du fardeau, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école. Oui, mettons-nous à l’école de Jésus, le parfait consacré, pauvre, chaste et obéissant. Pour Mère-Marie Augusta Jésus est Don de Dieu, c’est l’un de ses noms, c’est un de ses titres, c’est aussi son histoire. Se donner, c’est le besoin de l’amour. Nos Père et Mère sont les modèles des apôtres de l’Amour. Ils se sont donnés avec enthousiasme jusqu’au dernier moment de leur vie. A leur suite, donnons-nous et donnons Jésus à ce monde qui a besoin d’une âme. Les consacrés doivent être l’âme du monde. Ils doivent être signes du Royaume de Dieu et, par leur vie imitant la vie de Jésus, ils ont comme mission d’entraîner leurs frères et sœurs baptisés sur le chemin de la sainteté. Au sujet de la sainteté, Mère Marie-Augusta disait convaincue : « Ne croyons pas qu’il soit folie d’espérer et de vouloir être de grands saints. Nous les chéris, les bien-aimés, les privilégiés de Notre-Seigneur, souvenons-nous souvent de cette grave parole : « Il sera plus demandé à celui qui aura plus reçu. C’est pour nous, les choisis, qu’elle a été dite ; alors, attention !» N’oubliez pas dans cette décision de devenir saintes pour répondre aux appels de Jésus cet autre conseil de notre Mère : « Toi seul, Jésus, aura toute gloire de ma sanctification si je me fais sainte. Cela me paraît plus  clair que le jour, mais ce sera pour Toi une grande gloire et c’est pour ça seulement que je veux désirer la perfection ». Que Jésus puisse avoir la joie de la gloire de votre sainteté. Il vous a appelées, non parce que vous étiez meilleures que les autres, mais parce qu’Il vous a aimées de Son Amour miséricordieux. Notre Mère vous dit encore : « Entourez Jésus d’amour et Il déversera à flots sa miséricorde. L’amour pur du petit enfant rend si simple dans la naïveté qu’il nous rend irrésistibles à son Cœur. Aimons et rendons l’amour comme Jésus aime Lui-même ».

Magnificat ! Alléluia !

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