Joie de Jésus quand les petits accueillent l’Évangile…

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En parcourant l’Écriture… La joie de l’évangile (4/8)

Pour cette nouvelle série sur l’Ecriture Sainte, nous nous pencherons davantage sur les évangiles, en nous servant des méditations écrites par P. Bernard pour la retraite pour tous de 2014, intitulée « La joie de l’Évangile« , à la suite de  l’exhortation apostolique du Pape François du même nom « Evangelii gaudium« , publiée en novembre 2013. Puissent ces méditations nous entraîner à méditer toujours plus les évangiles, dans la joie d’y découvrir le visage de Jésus !

Notre méditation d’aujourd’hui débute avec un passage de l’Évangile qui doit nous remplir de joie : Jésus tressaille de joie sous l’action du Saint-Esprit ! Quelle est la cause de cette joie dans l’Esprit ? Ses disciples, qui Lui font confiance en accueillant comme des enfants ses paroles, sont la cause de sa grande joie. Si beaucoup de Pharisiens et scribes ne L’accueillent pas, Nicodème, avec un cœur d’enfant, comprend la «petite voie» qu’Il lui révèle. Cette voie sera mise en lumière par Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Des petits enfants, au Vingtième Siècle, ont donné une grande joie à Jésus. Imitons-les pour donner à notre tour de la joie à Jésus et témoignons sans peur de la petite voie de l’évangile qui, de fait, est la Grande Voie qui conduit au Ciel ! Jésus nous appelle à témoigner auprès des «petits» et «grands» !

I – La joie de Jésus face aux petits dont témoigne Saint Luc

Saint Luc témoigne d’un fait historique de la vie de Jésus qui nous réjouit profondément : Jésus exulte sous l’action de l’Esprit-Saint (Lc 10, 21). Quelle est la cause de cette grande joie de Notre-Seigneur ? Les Pères ont unanimement interprété ce passage évangélique en disant : « Jésus rend grâces à Dieu de ce qu’il a révélé aux Apôtres, qui sont petits à leurs yeux, les mystères de son avènement qu’ont ignorés les scribes et les pharisiens qui se croient les seuls sages, et se complaisent dans leur prudence » (Bède. Catena Aurea 10021). Théophyle dit : «On peut voir ici deux sortes de personnes; les sages sont les pharisiens et les scribes interprètes de la loi ; et les prudents, ceux qui étaient enseignés par les scribes. Les petits, au contraire, dont parle le Seigneur, sont ses disciples qu’il a choisis, non parmi les docteurs de la loi, mais parmi le peuple et les pêcheurs des bords de la mer ; et il les appelle petits, parce que leur volonté est sans malice ». Le contexte de l’évangile selon Saint Luc confirme cette interprétation des Pères. Jésus, en effet, vient de dire (Lc 10,20): «Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les Cieux». Au retour de la mission des 72 disciples, Notre-Seigneur tressaille de joie sous l’action du Saint-Esprit. La cause de la joie de Jésus : ses disciples, les tout petits, pourtant encore bien lourdement humains, mais qui font confiance à Jésus comme des enfants.

 II – Pour entrer dans le Royaume, il faut renaître

Saint Jean rapporte la rencontre nocturne de Jésus et de Nicodème (Jn 3, 1-21). Le pharisien Nicodème a un cœur d’enfant. Il est humble. Lui, maître en Israël, n’a pas la connaissance des mystères que Jésus lui révèle (Jn 3, 9). Mais il fait confiance en Jésus et il croit à présent qu’étant vieux, il peut renaître par l’eau et par l’Esprit ! Quelle joie pour Jésus de rencontrer cet homme savant et prudent, humble et confiant, au cœur d’enfant !

Les évangélistes synoptiques rapportent des paroles de Jésus qui ont beaucoup touché les disciples. Saint Matthieu (18, 1-5) dit que les disciples ont posé une question à Jésus: « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? » Jésus appelle un enfant et le place au milieu d’eux et leur dit : « En vérité, je vous le déclare, si vous ne changez pas et ne devenez pas comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux ». Saint Marc précise que les disciples s’étaient querellés en marchant pour savoir qui était le plus grand (Mc 9, 33). Les trois synoptiques situent cet évènement après la deuxième annonce de la Passion. Les disciples se disputent alors qu’ils auraient dû méditer les paroles de Jésus et compatir à son angoisse ! Ils avaient bien besoin de grandir en humilité et de se dépouiller de toute mondanité !

Les trois synoptiques ont enfin rapporté un autre évènement qui les a marqués et qui concernait les enfants. On amenait à Jésus des enfants pour qu’Il les bénisse. Mais les disciples les rabrouèrent (Mc 10, 13). Jésus, alors, s’indigna et leur dit : «laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux ». Comprenons en profondeur la leçon que Jésus veut nous donner !

III – La « petite voie » de l’évangile de la « petite Thérèse »

Méditons sur la «petite voie» de la «petite Thérèse», qu’il serait mieux d’appeler la «grande voie de l’évangile», enseignée et vécue par Jésus, Marie et Joseph. La «petite voie », en effet, n’est pas la voie de l’enfantillage, de l’infantilisme, mais la voie des forts, des «violents» – dont parle Jésus – qui s’emparent du Royaume des Cieux (Mt 11, 12).

Benoît XV, le 14 août 1921, proclamait le décret d’héroïcité de la petite Thérèse et utilisait, pour la première fois, l’expression : “enfance spirituelle”. Il se référait, bien sûr, à la “doctrine” de la sainte de Lisieux : «L’enfance spirituelle est formée de confiance en Dieu et d’un abandon aveugle entre Ses mains. Il n’est pas difficile de montrer les mérites de cette enfance spirituelle pour ce qu’elle exclut comme pour ce qu’elle suppose. Elle exclut en effet l’orgueilleuse idée de soi ; elle exclut la présomption d’atteindre par des moyens humains une fin surnaturelle ; elle exclut l’idée fausse que l’on se suffit à soi-même à l’heure du danger et de la tentation. Et, par ailleurs, elle suppose une foi vive dans l’existence de Dieu ; elle suppose un hommage concret à Sa puissance et à Sa miséricorde ; elle suppose le recours confiant à la Providence de Celui dont nous pouvons obtenir la grâce d’éviter tout mal et de parvenir à tout bien. Nous souhaitons que le secret de la sainteté de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus ne reste inconnu à personne».

Pie XI était émerveillé par Ste Thérèse : «Miracle de vertu dans cette grande âme, qui nous fait dire avec le divin Poète “chose venue du ciel sur la terre pour montrer des miracles”. La petite Thérèse s’est faite Elle aussi une parole de Dieu. La petite Thérèse de l’Enfant-Jésus veut nous dire qu’il y a pour nous un moyen facile de participer à toutes les œuvres les plus grandes et les plus héroïques du zèle apostolique à travers la prière».

Pie XII, le 11 juillet 1954, disait: «Dieu est un Père dont les bras sont constamment ouverts à ses enfants. Pourquoi ne pas répondre à ce geste ? Pourquoi ne pas crier sans trêve vers lui notre immense angoisse ? Il faut faire confiance aux paroles de Thérèse quand elle invite le plus misérable comme le plus parfait à ne faire valoir devant Dieu que la faiblesse radicale et la pauvreté spirituelle d’une créature pécheresse».

Jean XXIII, le 16 octobre 1960, déclarait : «Thérèse de Lisieux fut grande pour avoir su dans l’humilité, dans la simplicité, dans l’abnégation, coopérer aux entreprises et au travail de la grâce pour le bien d’innombrables fidèles».

Paul VI a souligné l’humilité de Thérèse dans une audience du 29 décembre 1971: «Humilité que la créature doit d’autant plus avoir qu’elle est plus importante, parce que tout dépend de Dieu et parce que la comparaison entre notre mesure, quelle qu’elle soit, et l’Infini oblige à courber le front».

L’humilité chez Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus est liée «à un esprit d’enfance, confiant et abandonné» qui est l’esprit des Béatitudes. Elle est la vertu des forts, des saints !

IV – Les enfants qui donnent de la joie à Jésus

Dieu, au XXe siècle, a donné de nouveaux et héroïques témoins de l’Évangile : des enfants. Tout baptisé devrait lire le témoignage donné par sœur Lucie sur François et Jacinthe, les voyants de Fatima. Ces enfants ont vraiment exercé l’héroïcité des vertus ! Beaucoup connaissent la petite Anne de Guigné, née en 1911 à Annecy et morte à l’âge de 11 ans à Cannes. Quand on lui demandait quel était le plus grand bonheur sur la terre, elle répondait : « Souffrir beaucoup pour le Bon Dieu ! » Elle a passé les derniers temps de sa vie en souffrant beaucoup. Elle dira à sa maman : « Oh maman, que je suis heureuse ! Je veux bien souffrir encore. » La source de sa sainteté était Jésus Eucharistie.

Une petite fille, moins connue qu’Anne, mais tout aussi généreuse : Delphine de Fosseux. Delphine était née en 1959 et sa maman l’avait surnommée « Mademoiselle Non ». Après sa première communion, à l’âge de 7 ans, un cancer se révèle. Sa maman lui propose d’aller à Lourdes pour demander à la Sainte Vierge sa guérison mais surtout la conversion de « Mademoiselle Non » en « Mademoiselle Oui« . Delphine va être héroïque pour vivre sa maladie qui l’emportera à l’âge de 10 ans. Elle offrira particulièrement pour les prêtres. Sa maturité spirituelle se révèle dans cet événement : elle apprend, un vendredi saint qu’un jeune prêtre fait du ski, elle dit alors à sa maman : « Tu vois, j’ai bien raison de tout offrir pour les prêtres ». Merci Delphine ! Merci aussi à sa maman qui a écrit son témoignage dans un petit livre bouleversant dont le titre est vraiment l’Évangile de la souffrance : « Que mon fiat devienne magnificat ! »

Citons encore ce jeune Camérounais : Robert Naoussi (1947-1970). A 14 ans, tous ses projets s’écroulent : il est atteint de la lèpre ! Il va édifier tous ceux qui le soignent à la léproserie. Les séances de pansements sont terribles. Il les redoute. Il lui arrive de laisser échapper des cris et, dans une méditation, il a une lumière : Jésus n’a pas crié sur la Croix. Il prend alors la décision de ne plus crier ! La nuit, il ne dort pas beaucoup mais il prie le chapelet et il dira à un prêtre : « J’ai le cœur en fête chaque soir quand je dors avec ma douleur. Mon seul travail est de prier. » Il dit à un ami : « Je souffre, mais je demande à Dieu d’en rajouter pour que je m’approche un peu de ce que Jésus a voulu souffrir pour nous sur la Croix. Il faut que ceux qui souffrent, souffrent encore plus pour débrousser la route des autres. » Il est bouleversé en apprenant la vie de Sainte Thérèse qui voulait être missionnaire, martyre, prêtre. Il dit alors : « Moi aussi, je veux donner ma vie pour les jeunes du monde entier. Je veux être comme un capitaine d’une équipe de football (Robert était un excellent footballeur). Je veux entraîner les autres au Ciel par ma souffrance et leur en ouvrir les portes ». Le 15 août 1970, il dit à la Sainte Vierge qu’il veut bien lui donner ses yeux pour lui faire un cadeau de plus. Il perdra la vue le soir même. Il mourra, comme la petite Thérèse, en la nuit du 30 septembre au 1er octobre. Il avait 23 ans.

Elisa Ghitti est née le 13 avril 1964 dans le Nord de l’Italie et morte le 29 juillet 1973. Cette petite fille a été bouleversée, en mai 1969, après avoir entendu parler de Fatima et du message de la Sainte Vierge : beaucoup d’âmes vont en enfer. Elle veut imiter les enfants de Fatima, elle n’a que 5 ans ! Au cours de la fête de Noël de cette même année, elle s’offre à Jésus pour aider les petits noirs du Burundi dont un missionnaire lui a parlé. On va lui découvrir une tumeur cancéreuse. Elle accepte tous les traitements sans se plaindre. On lui demande si les piqûres lui font mal. Elle répond : « Oui, mais très peu. Jésus a souffert beaucoup plus que ça sur la Croix. Ça c’est supportable. » Elle aide les malades adultes à accepter et à offrir leurs souffrances. Elle leur témoigne beaucoup de compassion et elle prie pour eux ! On la conduit à Lourdes pour demander sa guérison. Elle ne prie pas pour cela mais elle prie pour ceux qui souffrent plus qu’elles et elle demande la guérison d’un petit garçon. Elle deviendra aveugle et elle dira : « Mes yeux sont en Afrique, dans la forêt à chercher les orphelins et les abandonnés pour les amener à Jésus ». Elle meurt en l’année du centième anniversaire de la mort de Sainte Thérèse qu’elle aimait beaucoup et qu’elle voulait imiter dans son offrande à Jésus, le 29 juillet 1973. Beaucoup d’autres enfants, nous en sommes convaincus, ont réjoui le Cœur de Jésus. Aimons les enfants, imitons-les ! Magnificat !

V – Prenons, à notre tour, la décision de réjouir le Cœur de Jésus ! 

Jean-Paul II, en proclamant Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, docteur de l’Eglise, écrivait : « LA SCIENCE DE L’AMOUR DIVIN que répand le Père de toute miséricorde, par Jésus-Christ en l’Esprit, est un don accordé aux petits et aux humbles afin qu’ils connaissent et qu’ils proclament les secrets du Royaume cachés aux sages et aux savants ; pour cela, Jésus a exulté dans l’Esprit Saint, bénissant le Père, qui en a ainsi disposé (cf. Lc 10 21-22 ; Mt 11 25-26). Mère, l’Eglise se réjouit aussi de voir que, dans le cours de l’histoire, le Seigneur continue à se révéler aux petits et aux humbles, rendant capables ceux qu’il a choisis, par l’Esprit qui « sonde tout, jusqu’aux profondeurs de Dieu », de parler des « dons gracieux que Dieu nous a faits, non pas avec des discours enseignés par l’humaine sagesse, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles ». L’Esprit Saint guide ainsi l’Eglise vers la vérité tout entière, la pourvoit de dons divers, l’embellit de ses fruits, la rajeunit par la force de l’Évangile et lui permet de scruter les signes des temps pour mieux répondre à la volonté de Dieu.

Pendant sa vie, Thérèse a découvert « de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux » et elle a reçu du divin Maître la « science d’Amour » qu’elle a montrée dans ses écrits avec une réelle originalité. Cette science est l’expression lumineuse de sa connaissance du mystère du Royaume et de son expérience personnelle de la grâce. Elle peut être considérée comme un charisme particulier de la sagesse évangélique que Thérèse, comme d’autres saints et maîtres de la foi, a puisée dans la prière ».

A la suite de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, prenons en ce jour – avec joie et conviction – la décision de vivre l’esprit d’enfance, l’esprit de l’évangile pour réjouir le Cœur de Jésus ! Cette décision nous permettra de vivre et rayonner la joie de l’évangile.

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