Qui suis-je ? Que croire ? Qu’espérer ? Joie des enfants de Dieu…

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En parcourant l’Écriture… La joie de l’évangile (5/8)

Pour cette nouvelle série sur l’Ecriture Sainte, nous nous pencherons davantage sur les évangiles, en nous servant des méditations écrites par P. Bernard pour la retraite pour tous de 2014, intitulée « La joie de l’Évangile« , à la suite de  l’exhortation apostolique du Pape François du même nom « Evangelii gaudium« , publiée en novembre 2013. Puissent ces méditations nous entraîner à méditer toujours plus les évangiles, dans la joie d’y découvrir le visage de Jésus !

Nous vous proposons aujourd’hui une méditation sur le mystère de la Transfiguration de Jésus qui révèle la divinité de Notre-Seigneur. Le témoignage de Dieu le Père est très important: Jésus est le Fils Bien-aimé de Dieu le Père, écoutons-Le ! Le mystère de la Transfiguration éclaire aussi le mystère de l’homme : notre nature humaine, au jour de la résurrection, sera elle aussi transfigurée. Chaque jour, contemplons Jésus sur le Tabor et redescendons Le porter ensuite aux hommes de notre temps. Vivons davantage avec Jésus. Et avec Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, redisons souvent : Ô Jésus, ma joie c’est de T’aimer. Que nos visages rayonnent l’amour joyeux dont la source est Jésus !

I -L’évènement historique de la transfiguration de Jésus

St Pierre, témoin de cet événement historique, témoigne, dans sa deuxième lettre, de l’historicité de la Transfiguration : nous n’avons pas eu recours aux inventions des récits mythologiques pour vous faire connaître la puissance et la venue de Notre Seigneur Jésus Christ, mais nous l’avons contemplé lui-même dans sa grandeur. Le premier des apôtres dit avoir entendu la voix de Dieu le Père alors qu’il était avec Jésus sur la montagne sainte. Nous ne devons pas douter de nos évangiles. Ne nous laissons pas influencer par les modes exégétiques. La Constitution Dei Verbum du Concile Vatican II enseigne que les évangiles transmettent la vérité sur la vie de Jésus. Les paroles qui lui sont attribuées sont de Lui ; les miracles qui Lui sont attribués ont eu lieu ; l’événement de la Transfiguration est bien arrivé. Jésus, dans son humanité a bien été « glorifié » devant Pierre, Jacques et Jean. Avec Benoît XVI, affirmons clairement et fermement l’historicité des évangiles. La fidélité à la Foi de l’Eglise dépend de cette historicité.

L’événement de la Transfiguration est tellement important qu’il est rapporté par les trois évangélistes synoptiques (évangiles selon St Matthieu, St Marc et St Luc), qui le situent précisément dans le temps et le lieu : six jours après la profession de foi de Pierre à Césarée de Philippe : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant » et sur une haute montagne que la tradition appelle : le Mont Tabor. Les évangélistes témoignent de ce qu’ils ont vu : le visage de Jésus devint autre (St Luc) et son vêtement d’une blancheur éclatante. Marc et Matthieu précisent : ces vêtements devinrent blancs comme la lumière, d’une blancheur telle qu’aucune lessive n’aurait pu les blanchir de la sorte ! Les trois évangélistes disent ensuite : Jésus s’entretient avec Moïse et Elie qui lui apparurent. Luc, seul, nous rapporte le contenu de leur entretien : la Passion. Luc est aussi le seul évangéliste à dire que Pierre, Jacques et Jean se sont endormis. A leur réveil, ils virent sa gloire. Le mot « gloire » est à souligner. Saint Paul, dans le cantique christologique de la lettre aux Éphésiens, utilise également le mot Gloire. Saint Ignace a choisi ce mot pour sa devise : « Ad majorem Dei Gloriam ». Voir la Gloire de Jésus, c’est donc entrevoir quelque chose de son mystère divin !

Les trois évangélistes nous révèlent implicitement la très grande joie que les trois apôtres ont dû ressentir. Saint Pierre, émerveillé et enthousiaste, dit : « Il est bon que nous soyons ici, faisons trois tentes». Ils auraient voulu rester pour toujours sur cette montagne de la Transfiguration tant l’expérience goûtée était comme le Ciel sur la terre !

Les 3 évangélistes témoignent enfin de la nuée qui survint sur eux et les recouvrit de son ombre. La nuée nous renvoie à la Tente de la Rencontre. Lorsque Moïse parlait avec Dieu, la nuée était au-dessus de la Tente. Cette nuée, les apôtres la reverront au jour de l’Ascension. Elle symbolise la divinité. C’est de la nuée que la Voix du Père s’est faite entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-Le » !

 

II – Le mystère de la Transfiguration et la Foi de l’Eglise

Nos frères chrétiens orientaux fêtent plus solennellement que nous la Fête de la Transfiguration, parce qu’elle est la révélation du mystère divin de la Personne de Jésus. Pierre, six jours avant la Transfiguration, avait proclamé : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant » (Mt 16, 16). Les apôtres avaient une confiance d’enfant envers Jésus, comme nous l’avons dit. Ils avaient tout laissé pour Le suivre, mais ils ne voyaient en Jésus qu’un homme. Sa divinité leur était cachée ! Comment auraient-ils pu imaginer qu’Il pouvait être vrai homme et vrai Dieu ? Les démons, comme les Pères l’enseignaient, n’ont compris avec effroi ce mystère que le Vendredi Saint ! Dieu leur a caché le mystère de l’Incarnation rédemptrice. Dieu a voulu la Transfiguration pour confirmer la profession de Foi de Pierre. Jésus n’est pas seulement le Messie, fils de David, Il est la Personne divine du Fils de Dieu.  La profession de Foi de Pierre n’est pas un mythe, mais elle « dit » sans erreur la réalité la plus importante de l’Histoire du Salut. Cette réalité a été historiquement constatée par des témoins qui ont vu Jésus, qui L’ont entendu, qui L’ont touché. Ne nous laissons pas troubler par l’Anti-Christ, dont parle Saint Jean, qui s’oppose au mystère de l’Incarnation. Avec l’Eglise, professons dans la joie, la Foi de l’Eglise et n’ayons pas honte de Jésus, le Verbe Incarné, n’ayons pas peur d’être catholiques !

La Transfiguration éclaire aussi le mystère de l’homme. Philosophes, scientifiques, hommes religieux cherchent à répondre à la question existentielle de tout homme : qui suis-je, que croire, qu’espérer ?

La Révélation, dès la Genèse, comme nous l’avons déjà dit, nous apporte ce premier élément de réponse : l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il est bien supérieur aux animaux et à tous les autres êtres de la Création. Il est capable de connaître et d’aimer comme Dieu !

Le mystère de la Transfiguration révèle l’accomplissement de la vie de l’homme : sa transfiguration par sa divinisation ! Aucun homme ne peut revendiquer devenir Dieu ! Satan avait tenté Adam et Ève pour devenir des dieux. Ils auraient voulu usurper ce privilège auquel ils n’avaient pas droit ! Ils n’étaient, en effet, que des créatures. Dieu seul est Dieu ! Jésus, Lui, le Fils de Dieu incarné, s’est humilié, dit Saint Paul. Il s’est même comme vidé de sa divinité et Il n’a pas revendiqué son droit d’être traité comme Dieu, Il est devenu esclave et Il est mort sur une Croix afin de nous faire participer à sa divinité. Émerveillons-nous : en Jésus nous sommes divinisés ! Voilà le mystère inouï révélé par la Transfiguration ! Soyons enthousiastes ! Remercions notre Dieu et désirons ardemment mieux entrer dans la vraie vie : la vie d’enfant de Dieu, de frère et de sœur de Jésus, cohéritier avec Lui. Pourquoi aurions-nous peur ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Nous sommes enfants de Dieu : rien ne saurait nous manquer ! Réjouissons-nous en priant Jésus transfiguré !

 

III -Le mystère de la Transfiguration et la mission

 Jean-Paul II a choisi le texte évangélique de la Transfiguration comme trame de son Exhortation apostolique pour la vie consacrée : chaque consacré est appelé à monter, chaque jour, sur le Mont Tabor, avant de redescendre pour porter l’Amour de Dieu aux hommes. Ce que Jean-Paul II demandait à tous les consacrés vaut pour tous les baptisés. Chaque jour, n’oublions pas de monter sur le Mont Tabor pour adorer Jésus et nous remplir de Son Amour. Nous pourrons ensuite redescendre à la rencontre des hommes et leur porter l’Amour de Jésus. Notre Fondateur et Mère Marie Augusta sont nos modèles. Ils n’ont pas cessé de rappeler le primat de la contemplation et de l’union à Dieu sur la mission. Ce qui fait un apôtre de l’Amour, disaient-ils, c’est d’abord son activité intérieure intense, beaucoup plus que son activité extérieure, mais cependant il faut les deux. Jean-Paul II n’opposait pas contemplation et mission. Le missionnaire, disait-il, est un contemplatif en action ! Mais que doit apporter ce contemplatif en action aux hommes de notre temps ? Benoît XVI, dans son livre sur Jésus, a donné la réponse : il ne doit pas apporter plus d’argent, plus de pouvoir, plus de plaisirs, plus de confort, mais il doit, comme Jésus, apporter Dieu ! La contemplation nous donnera la force de témoigner sans peur de Jésus. Faisons découvrir à nos contemporains que Jésus a vécu les étapes de la vie humaine. Il a aimé à la perfection avec un Cœur humain et jamais aucun péché n’a germé dans ce Cœur ! Il a vraiment transfiguré l’amour humain.

 Jean-Paul II, dans sa lettre sur la dignité de la femme, a montré comment Jésus avait redonné confiance à des femmes pécheresses, telles Marie Magdeleine, la Samaritaine, la femme adultère. Il avait un Cœur libre face à ces femmes. Il les a aimées en vérité sans être dominé par aucune mauvaise passion. Il a vraiment reconnu et respecté la dignité de la femme ! Jésus a vécu la virginité consacrée. Il n’a pas méprisé le mariage, puisqu’Il l’a élevé au rang de sacrement, mais Il a voulu montrer une autre forme supérieure de don de soi : se donner dans l’amour, d’une manière totalement gratuite, pour le salut de ses frères et sœurs. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, docteur de la science de l’Amour divin, a bien compris, en contemplant Jésus ce qu’était l’Amour transfiguré : aimer, c’est tout donner et se donner soi-même !

  Sur le Mont Tabor, Pierre, Jacques et Jean ont contemplé Jésus transfiguré. En méditant l’Évangile, nous contemplerons, en Jésus, le bel amour humain transfiguré ! Avec Jésus, l’amour est possible, l’amour existe ! Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ! L’homme d’aujourd’hui est-il capable d’un tel amour ? Oui, par Jésus, avec Jésus et en Jésus, il en est capable !

  Entendons Jésus, notre Roi de Gloire et d’Amour, nous envoyer en mission : « Allez, avancez au large et jetez les filets. Annoncez sans peur l’évangile et soyez les témoins de mon Amour ! » Jean-Paul II et Benoît XVI ont commencé leur Pontificat en nous appelant à ne pas avoir peur et à ouvrir en grand les portes de nos cœurs au Christ. Notre Fondateur nous répétait sans cesse : Jésus est là ! N’ayons pas peur ! Croyons que Jésus est là et qu’Il sera là, même si nous devons traverser des tempêtes ! Il règnera malgré Satan et ses suppôts. Son Règne sera précédé par le triomphe du Cœur immaculé de Marie que Benoît XVI nous a invité à hâter par nos prières et nos sacrifices.

  Notre Pape François n’aime pas les combattants défaitistes qui ont toujours perdu d’avance. Il attend de nous un souffle nouveau, une ardeur nouvelle, un désir ardent de communiquer aux autres la joie de l’évangile. Cette joie, dit-il, grandit en la communiquant. Cette joie se perd si le chrétien vit replié sur lui ! Le message de notre Saint-Père, depuis le début de son Pontificat, est souvent celui-ci : « sortez et portez Jésus et son évangile » ! Ce message, les Papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI n’ont pas cessé de le donner. N’oublions pas la prophétie de Benoît XVI en quittant Lourdes : les temps sont propices à un retour à Dieu. La nouvelle évangélisation, c’est maintenant ! Levons-nous ! Allons ! Le Père rappelait souvent cette phrase de Saint Paul : l’Amour du Christ nous presse ! La mission, en effet, c’est urgent ! Ne laissons pas notre monde se dessécher de plus en plus. Ne laissons pas le désert s’étendre sur les cinq Continents ! Ne laissons pas l’éclipse de Dieu en notre monde occidental devenir une éclipse totale ! Le monde est dans les ténèbres, mais le Verbe incarné, transfiguré sur le Mont Tabor, en est sa Lumière et cette Lumière brille sur la face de l’Eglise, Lumen Gentium ! Chaque jour, revenons nous laisser brûler par l’Amour du Cœur de Jésus.

 

IV – La Transfiguration et le rayonnement de l’amour joyeux

  Le cœur de Mère Marie-Augusta était passionné d’amour pour Jésus, son Bien-Aimé ! Le cœur de notre Père a aussi été conquis très tôt par l’Amour de Jésus. Sa résolution d’adolescent était : vivre dans le recueillement, le cœur à cœur avec Jésus, dans la prière comme dans le travail, dans la solitude comme dans l’apostolat. Le Père et Mère Marie-Augusta étaient « habités » par le désir du Ciel. Pensons davantage au Ciel, nous ferons mieux alors les petites choses de cette terre avec beaucoup d’amour, en présence de Jésus. Nous sommes faits pour le Ciel. Notre Tête, Jésus, est au Ciel. Notre-Dame des Neiges, les Saints et les Anges y sont aussi. Un jour, nous les rejoindrons, mais, pour le moment, Jésus et Notre-Dame des Neiges nous appellent à nous sanctifier sur cette terre et à nous préparer au Ciel. Puissent nos visages rayonner de l’amour joyeux dont la source est Jésus !

  Notre Fondateur avait la ferme conviction, en contemplant les Cœurs purs de Jésus et de Marie, que la nature actuelle de l’homme ne lui enlève pas la possibilité et la grâce, de par le secours divin, de réaliser une vie d’amour pur, plus belle encore, dans la domination de la chair, comme l’on aime au Ciel, comme le Père nous aime, comme Jésus nous aime, avec son Cœur humain, pour réaliser une unité profonde entre Lui, Dieu, et nous, ses pauvres créatures. Les saints avaient cette conviction et ont imité Jésus. L’Église, en nous les proposant comme modèles, nous donne confiance : l’amour humain a vraiment été racheté et renouvelé par Jésus. Maria Goretti et Pierrina Morosini sont mortes martyres de la pureté au XXe siècle. Don Bosco, Dominique Savio ont été les saints de la joie communicative parce que leur cœur était très pur. Saint Augustin, après avoir vécu plusieurs années en concubinage, s’est converti et est devenu le docteur de l’Amour. Sainte Marie Magdeleine, grande pécheresse, est celle qui a le plus aimé Jésus après la Sainte Vierge ! L’amour défiguré de notre temps ne doit pas nous faire perdre cette ferme espérance : là où le péché abonde, la grâce surabonde. Jésus, l’Esprit Saint et la Sainte Vierge agissent dans les cœurs. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a bien compris que l’on était incapable d’aimer comme Jésus, mais l’Évangile lui révélait que Jésus nous donnait un commandement nouveau : aimer comme Lui (Jn 13, 34). Il est donc possible d’aimer comme Jésus parce que Jésus nous donne son Amour pour aimer ! N’ayons pas peur, ouvrons nos cœurs à Jésus et à son Esprit Saint et nous connaîtrons la joie d’aimer comme Jésus et de connaître la Béatitude de ceux qui ont le cœur pur : voir Dieu !

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