La joie chrétienne se fonde sur la Résurrection : elle devient alors moteur de la mission !

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En parcourant l’Écriture… La joie de l’évangile (8/8)

Pour cette nouvelle série sur l’Ecriture Sainte, nous nous pencherons davantage sur les évangiles, en nous servant des méditations écrites par P. Bernard pour la retraite pour tous de 2014, intitulée « La joie de l’Évangile« , à la suite de  l’exhortation apostolique du Pape François du même nom « Evangelii gaudium« , publiée en novembre 2013. Puissent ces méditations nous entraîner à méditer toujours plus les évangiles, dans la joie d’y découvrir le visage de Jésus !

Pour terminer cette série sur la joie de l’évangile, nous voudrions mettre l’accent sur le fondement de la joie chrétienne : la Résurrection de Jésus. Nous devons en avoir une connaissance exégétique, précise et rigoureuse, afin d’être en mesure de rendre raison de la Foi de l’Eglise. Nous devons aussi avoir une confiance totale dans le témoignage des apôtres, témoins oculaires et serviteurs de la Parole. Jésus est ressuscité, c’est un fait historique certain. Il est le Vivant à jamais. Sa Résurrection est intrinsèquement liée à la Mission de l’Eglise. Nos visages doivent rayonner la joie dont le fondement est la Résurrection de Jésus. La joie, pour notre Pape François, est le signe du chrétien, le sceau du chrétien.

I – La Résurrection de Jésus dans l’Ecriture et la Tradition

Sans faire ici une analyse exégétique complète qui serait trop longue dans le cadre de cette article, voici les conclusions qu’une telle analyse nous apportent :

1) Les Évangiles attestent un fait historique certain : la découverte du tombeau vide. Des témoins (Saintes Femmes, Pierre et Jean) ont constaté que le corps de Jésus n’était plus au tombeau, mais les bandelettes et le suaire qui enveloppait la tête étaient dans le tombeau. Les gardes ont vu un ange rouler la pierre du tombeau. Des grands prêtres et pharisiens leur ont fait faire un faux témoignage.

2) Personne n’a été témoin oculaire du moment de la Résurrection.

3) Jésus ressuscité s’est manifesté par ses apparitions :

– Un ou deux anges ont annoncé aux saintes femmes la Résurrection de Jésus.

Jésus est apparu à Marie-Magdeleine et à des femmes : elles L’ont vu !

– Les disciples n’ont pas cru le témoignage des femmes : sornette !

– Pierre a vu Jésus ressuscité, mais les évangiles ne racontent pas le récit de l’événement.

– Les yeux des disciples d’Emmaüs ont été empêchés de Le reconnaître, puis l’obstacle a été enlevé ; pleins de joie, ils sont revenus à Jérusalem !

– Le soir de Pâques, Jésus apparaît aux disciples incrédules dans le Cénacle. Ils ont la preuve !

– Thomas doute fortement ; 8 jours après Pâques, il voit Jésus ressuscité ! Il est convaincu : « Mon Seigneur et Mon Dieu » !

– L’apparition au bord du lac, commentée par Saint Jean : pêche miraculeuse, repas du Ressuscité avec ses disciples, triple question à Pierre : « M’aimes-tu? »

4) La Foi en la Résurrection de Jésus se fonde sur le témoignage des Apôtres, qui ont eu l’expérience historique des apparitions de Jésus ressuscité. La rigoureuse exégèse historico-critique témoigne de l’historicité des apparitions : les apôtres ont fortement douté en la Résurrection, ils ont eu peur en voyant Jésus ressuscité, leur trouble était tel qu’ils étaient terrifiés. Pourtant, ils étaient des hommes mûrs, qui avaient affronté de grands dangers au cours de leur vie ! Il leur a fallu des signes évidents pour être convaincus. Thomas a été incrédule : sans l’apparition, le huitième jour, il n’aurait pas cru.

Pour les non chrétiens, une question demeure : peut-on avoir totalement confiance dans le témoignage des apôtres ? La Foi est nécessaire ! Saul, dans un premier temps, n’avait pas cette Foi. Sur le chemin de Damas, il rencontre Jésus ressuscité et devient son apôtre.

5) Différence entre la Résurrection de Jésus et celle de Lazare : la résurrection de Lazare a été évidente pour tous. Ce dernier a repris le corps qui avait été déposé au tombeau et ce corps a gardé ses mêmes propriétés. Mais le Corps ressuscité de Jésus n’a plus les mêmes propriétés ! Il n’est, cependant, ni totalement différent (c’est bien le corps crucifié qui avait été déposé au tombeau), ni totalement identique (difficulté de Marie-Magdeleine et des disciples pour Le reconnaître. Il apparaît à l’improviste, Il disparaît à l’improviste, Il passe à travers murs et portes solidement verrouillées !). St Paul a donné un enseignement très important, dans la première aux Corinthiens, au chapitre 15 : le Corps ressuscité de Jésus est un corps “pneumaticos” = spirituel.

 

II – La joie de la Résurrection et l’enseignement de Benoît XVI

A l’audience du dernier mercredi de mars 2008, Benoît XVI disait : «Chers frères et sœurs, nous devons constamment renouveler notre adhésion au Christ mort et ressuscité pour nous : sa Pâque est aussi notre Pâque, parce que dans le Christ ressuscité nous est donnée la certitude de notre résurrection. La nouvelle de sa résurrection des morts ne vieillit pas et Jésus est toujours vivant et son Évangile est vivant. « La foi des chrétiens – observe saint Augustin – est la résurrection du Christ« . Les Actes des Apôtres l’expliquent clairement:  « Dieu a donné à tous les hommes une garantie sur Jésus en le ressuscitant des morts ». En effet, sa mort n’était pas suffisante pour démontrer que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, le Messie attendu. Au cours de l’histoire combien ont consacré leur vie à une cause qu’ils estimaient juste et sont morts ! Et morts ils sont restés ! La mort du Seigneur démontre l’immense amour avec lequel Il nous a aimés jusqu’à se sacrifier pour nous; mais seule sa résurrection est la « garantie« , est la certitude que ce qu’Il affirme est la vérité qui vaut aussi pour nous, pour tous les temps.

Il est important de répéter cette vérité fondamentale de notre foi, dont la vérité historique est amplement documentée, même si aujourd’hui, comme par le passé, nombreux ceux qui, de diverses manières, la remettent en doute voire la nie. L’affaiblissement de la foi dans la résurrection du Christ fragilise par conséquent le témoignage des croyants. En effet, si, dans l’Eglise, la foi dans la résurrection vient à manquer, tout s’arrête, tout se défait. Au contraire, l’adhésion du cœur et de l’esprit au Christ mort et ressuscité change la vie et illumine toute l’existence des personnes et des peuples. N’est-ce donc pas la certitude que le Christ est ressuscité qui donne le courage, l’audace prophétique et la persévérance aux martyrs de tous les temps ? N’est-ce pas la rencontre avec Jésus vivant qui convertit et qui fascine tant d’hommes et de femmes, qui depuis les origines du christianisme continuent à tout abandonner pour le suivre et mettre leur vie au service de l’Évangile? « Si le Christ n’est pas ressuscité, disait l’Apôtre Paul, vide alors est notre message, vide aussi votre foi » (1 Co 15, 14). Mais il est ressuscité !

 

L’homélie de Benoît XVI du 15 avril 2006 est particulièrement lumineuse : « Il est décisif que cet homme Jésus n’ait pas été seul, n’ait pas été un moi renfermé sur lui-même. Il était un avec le Dieu vivant, tellement uni à Lui qu’il formait avec Lui une unique personne. Il se trouvait, pour ainsi dire, dans une union affectueuse avec Celui qui est la vie même, union affectueuse non seulement basée sur l’émotion, mais saisissant et pénétrant son être. Sa vie n’était pas seulement la sienne, elle était une communion existentielle avec Dieu et un être incorporé en Dieu, et c’est pourquoi cette vie ne pouvait pas lui être véritablement enlevée. Par amour, il pouvait se laisser tuer, mais c’est précisé-ment ainsi qu’il a rompu le caractère définitif de la mort, parce qu’en lui était présent le caractère définitif de la vie. Il était un avec la vie indestructible, de telle manière que celle-là, à travers la mort, jaillisse d’une manière nouvelle. Nous pouvons exprimer encore une fois la même chose en partant d’un autre point de vue. Sa mort fut un acte d’amour. Au cours de la dernière Cène, Il a anticipé sa mort et Il l’a transformée en don de soi. Sa communion existentielle avec Dieu était concrètement une communion existentielle avec l’amour de Dieu, et cet amour est la vraie puissance contre la mort, il est plus fort que la mort. La résurrection fut comme une explosion de lumière, une explosion de l’amour, qui a délié le lien jusqu’alors indissoluble du «meurs et deviens». Elle a inauguré une nouvelle dimension de l’être, de la vie, dans laquelle la matière a aussi été intégrée, d’une manière transformée, et à travers laquelle surgit un monde nouveau. Il est clair que cet événement n’est pas un quelconque miracle du passé, dont l’existence pourrait nous être, en définitive, indifférente. Il s’agit d’un saut qualitatif dans l’histoire de l’évolution et de la vie en général, vers une vie future nouvelle, vers un monde nouveau qui, en partant du Christ, pénètre déjà continuellement dans notre monde, le transforme et l’attire à lui ». Méditons attentivement cet enseignement si profond de Benoît XVI.

 

III – La joie de la Résurrection et la mission de l’Eglise aujourd’hui

La Résurrection de Jésus a un rapport étroit avec la Mission de l’Eglise. Sainte Marie-Magdeleine à qui Jésus est apparu en premier – selon le témoignage des évangiles – est appelée : l’apôtre des apôtres ! Le Christ est ressuscité pour envoyer ses disciples, pour envoyer ses amis, pour envoyer son Église dans le monde. La Joie de la Résurrection ne peut pas rester dans le cercle fermé des amis de Jésus, mais doit être annoncée avec conviction et détermination. La Résurrection de Jésus est intrinsèquement liée à la mission. Ne gardons pas ce trésor entre nous, mais partons avec joie, foi et zèle – en imitant Marie Magdeleine – et annonçons sans peur et à tous cette bonne nouvelle : Jésus est vraiment ressuscité, l’humanité est entrée dans la plénitude des temps !

Dans l’Encyclique sur la Mission, Jean-Paul II écrivait (RM n°11) : « Dans le respect de toutes les convictions religieuses et de toutes les sensibilités, nous devons affirmer avec simplicité notre foi dans le Christ, seul Sauveur de l’homme, foi que nous avons reçue comme un don d’en haut, sans mérite de notre part. Nous disons avec Paul: «Je ne rougis pas de l’Évangile: il est une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit» (Rm 1, 16). Les martyrs chrétiens de tous les temps – et aussi de notre temps – ont donné et continuent de donner leur vie pour rendre témoignage de cette foi devant les hommes, convaincus que tout homme a besoin de Jésus Christ, lui qui a vaincu le péché et la mort et réconcilié les hommes avec Dieu. Le Christ s’est proclamé Fils de Dieu, intimement uni au Père, et il a été reconnu comme tel par ses disciples, confirmant ses paroles par des miracles et par sa résurrection d’entre les morts. L’Eglise offre aux hommes l’Évangile, document prophétique qui répond aux exigences et aux aspirations du cœur humain: il est toujours «Bonne Nouvelle». L’Eglise ne peut se dispenser de proclamer que Jésus est venu révéler le visage de Dieu et mériter, par la Croix et la Résurrection, le salut pour tous les hommes. Le Christ est véritablement «notre paix» (Ep 2,14), «l’amour du Christ nous presse» (2 Co 5,14), donnant à notre vie son sens et sa joie. La mission est un problème de foi; elle est précisément la mesure de notre foi en Jésus Christ et en son amour pour nous ». En avant, pour la Mission et plus de timidité, relent d’orgueil, mais un zèle ardent !

 

IV – Être un chrétien qui rayonne la joie de la Résurrection

Puisse la Résurrection de Jésus, liée à la Mission, avoir cette conséquence : que nos visages rayonnent la joie dont le fondement est la Résurrection de Jésus! La joie doit absolument accompagner notre témoignage. Dans l’homélie du 10 mai 2013, notre Pape François parlait de la joie des disciples : « le don de Jésus n’était pas une certaine nostalgie mais une joie. Cette joie que doivent cultiver et témoigner aujourd’hui encore les chrétiens pour ne pas être tristes. La joie est celle que Jésus avait promise aux disciples : la joie chrétienne. Personne ne pourra la leur ôter. Mais quelle est cette joie ? Est-ce l’allégresse ? Non. L’allégresse est une bonne chose, se réjouir est bon. Mais la joie est quelque chose de plus, c’est une autre chose. Elle ne vient pas des raisons du moment, c’est quelque chose de plus profond. C’est un don. La joie est un don du Seigneur. Elle nous remplit de l’intérieur, comme une onction de l’Esprit. Et cette joie est dans la certitude que Jésus est avec nous et avec le Père.

Paul allait prêcher, ils établissaient des ponts parce qu’il était sûr de Jésus. C’est cette même certitude qui nous donne la joie. Une certitude que nous pouvons mettre sous cloche pour l’avoir toujours avec nous ? Non, car si nous voulons avoir cette joie seule-ment pour nous, à la fin elle tombe malade et notre cœur se froisse et notre visage ne transmet pas cette grande joie, mais une nostalgie, une mélancolie qui n’est pas saine. Parfois, ces chrétiens mélancoliques ont davantage le visage de piments au vinaigre que de personnes qui sont joyeuses et ont une belle vie. La joie est un don qui marche, qui marche sur la route de la vie, qui marche avec Jésus : prêcher, annoncer Jésus, la joie, allonge et élargit la route. Et c’est une vertu des grands, de ces grands qui sont au-dessus de la petitesse, qui sont au dessus de ces petitesses humaines, qui ne se laissent pas entraîner dans ces petites choses à l’intérieur de la communauté, de l’Église ; ils regardent toujours vers l’horizon ». Le 22 mai 2014, notre Pape François disait encore: «La joie est le signe du chrétien, le sceau du chrétien», à tel point qu’un chrétien sans joie n’est pas chrétien, ou bien est malade. Il n’a pas une bonne santé. La santé chrétienne se mesure à la joie. Une fois j’ai dit que les chrétiens ne pouvaient pas avoir de faces de piment au vinaigre, je le redis ! Sinon l’âme l’est aussi et c’est laid. » Prenons au sérieux ces appels du Pape François et rayonnons la joie, la vraie joie, la joie de l’évangile !

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