Mon Royaume n’est pas de ce monde…

Homélie du dimanche 25 novembre 2018, solennité du Christ-Roi (P. Bernard)

En cette solennité du Christ Roi, les lectures de cette année B soulignent que Jésus n’est pas Roi à la manière des grands de ce monde : « Mon royaume n’est pas de ce monde » a-t-il dit à Pilate. Son Royaume, cependant, est bien réel. Il sait que Pilate est sur le point de le faire condamner à mort, mais Il ne cache pas la vérité : Il est Roi.

La première lecture de Daniel rapporte la prophétie du Fils de l’homme à qui Dieu donne domination, gloire et royauté. Toutes les Nations le serviront. La royauté de ce Fils de l’homme est éternelle. Jésus, en se nommant « le Fils de l’homme » se référait, c’est évident, à cette prophétie de Daniel. Sa royauté lui a été donnée par Son Père. Depuis la création de l’humanité, Il est, dans la pensée de Dieu son Père, l’homme parfait, le nouvel Adam, appelé à récapituler toute l’humanité en son Corps. Jésus est Christ-Roi parce qu’Il est le Verbe incarné qui a accompli, dans l’obéissance parfaite à son Père, notre Rédemption.

Il s’est manifesté à l’apôtre Jean sur l’Île de Patmos en tant qu’alpha et oméga, le premier et le dernier, le créateur et celui en qui toute la création sauvée sera récapitulée. Saint Jean annonce : « Voici qu’Il vient parmi les nuées et tous les hommes le verront, même ceux qui L’ont transpercé ».

Il serait important d’approfondir l’article 7 de notre Credo : « d’où il viendra pour juger les vivants et les morts ». Lisons attentivement les numéros 668 à 682 du Catéchisme de l’Eglise Catholique, nous comprendrons mieux la royauté de Jésus, Christ et Seigneur. Le Catéchisme dit que le Christ règne déjà par l’Eglise, mais son règne n’est pas encore achevé par l’avènement du Roi sur la terre. Ce Règne est encore attaqué par les puissances mauvaises. Les chrétiens, surtout dans la célébration de l’Eucharistie, prient pour hâter le retour du Christ : « Viens Seigneur Jésus ! ». Le retour du Christ est appelé « avènement », cet avènement, dit le CEC, est imminent. Tout baptisé doit l’attendre à chaque instant. Jésus nous a dit : « je viendrai comme un voleur ». Nul ne connaît le jour et l’heure, il faut donc être prêt au retour du Seigneur à tout moment !

Le Catéchisme nous avertit : avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. L’Anti-Christ s’opposera à Jésus, le vrai Christ, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs ! La victoire contre les forces du Mal ne viendra pas d’en-bas, mais d’en-haut : « le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Eglise, selon un progrès ascendant, mais une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal qui fera descendre du Ciel son Epouse. Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du jugement dernier après l’ultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe.»

Le numéro 678 du CEC est à citer intégralement, il nous donne vraiment le sens de cette solennité au terme de l’année liturgique : « Le Christ est Seigneur de la vie éternelle. Le plein droit de juger définitivement les œuvres et les cœurs des hommes Lui appartient en tant qu’Il est Rédempteur du monde. Il a « acquis » ce droit par sa Croix. Aussi le Père a-t-il remis le jugement tout entier au Fils. Or, le Fils n’est pas venu pour juger mais pour sauver et pour donner la vie qui est en Lui. C’est par le refus de la grâce en cette vie que chacun se juge déjà lui-même, reçoit selon ses œuvres et peut même se damner pour l’éternité en refusant l’Esprit d’amour ».

Demandons à la Vierge Marie, que nous avons fêtée dans le mystère de sa présentation au Temple, de nous apprendre à accueillir avec un cœur d’enfant Jésus, notre Roi. Prions aussi pour que beaucoup ouvrent leur cœur au Christ Roi. Le Christ Roi ne contraindra personne à entrer dans son Royaume. Par Lui, tout homme a été créé libre, Il respectera pleinement la liberté de chacun. Mais l’homme ne peut connaître la perfection de sa liberté qu’en accueillant Jésus, Son Sauveur et Il ne peut connaître le Bonheur éternel qu’en entrant dans le Royaume des Cieux.

Dimanche prochain, nous célébrerons le premier dimanche de l’Avent pour mieux nous préparer à la venue ou à l’avènement de Jésus, Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Comprenons l’enjeu de notre vie d’aujourd’hui : je peux dire « oui » à Jésus et accueillir son Royaume, je peux lui dire « non » et choisir la damnation. Jean-Paul II nous a dit en 1996 : « par le baptême, vous avez choisi le Christ, vous avez choisi le bonheur et la vie » !

Maintenons-nous avec conviction et joie dans ce choix et participons avec l’Eglise à la nouvelle évangélisation afin que beaucoup fassent le choix du Christ Roi : rien n’est impossible à Dieu !

 

P. Bernard, 25 novembre 2018, St Pierre de C.

 

 

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