Homme, éveille-toi ! Tu aurais péri s’il n’était venu…

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Toute la Famille Missionnaire de Notre-Dame vous souhaite un très Joyeux Noël ! Et pour méditer sur le grand mystère de ce jour, voici quelques extraits de St Augustin et de St Bernard…

Bon et Saint Noël !

Éveille-toi – Sermon pour Noël (St Augustin) 

Homme, éveille-toi : pour toi, Dieu s’est fait homme. Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Pour toi, je le répète, Dieu s’est fait homme.

Tu serais mort pour l’éternité, s’il n’était né dans le temps. Tu n’aurais jamais été libéré de la chair du péché, s’il n’avait pris la ressemblance du péché. Tu serais victime d’une misère sans fin, s’il ne t’avait fait cette miséricorde. Tu n’aurais pas retrouvé la vie, s’il n’avait pas rejoint ta mort. Tu aurais succombé, s’il n’était allé à ton secours. Tu aurais péri, s’il n’était pas venu.

Célébrons dans la joie l’avènement de notre salut et de notre rédemption. Célébrons le jour de fête où, venant du grand jour de l’éternité, un grand jour éternel s’introduit dans notre jour temporel et si bref.

C’est lui qui est devenu pour nous justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut se glorifier, qu’il mette sa gloire dans le Seigneur. […]

En ce jour de grâce, réjouissons-nous, pour trouver notre gloire dans le témoignage de notre conscience ; alors, ce n’est pas en nous, mais en Dieu que nous mettrons notre gloire. C’est pour cela qu’il est dit : Ma gloire, tu tiens haute ma tête. Dieu pouvait-il faire briller sur nous une grâce plus grande que celle-ci : son Fils unique, il en fait un fils d’homme et, en retour, il transforme des fils d’hommes en fils de Dieu ?

Cherche où est le mérite, où est le motif, où est la justice, et vois si tu découvres autre chose que la grâce.

VIe sermon pour la veille de Noël (St Bernard)

« Jésus naît ; mais où pensez-vous que ce soit? « A Bethléem de Juda (Luc. II,15), » il ne faut pas en effet chercher ailleurs, car les bergers ne disent point: allons au-delà de Bethléem, mais «passons à Bethléem. » Eh quoi, n’est-ce point une pauvre petite bourgade ? N’est-ce point la moindre des villes de Juda ? Oui, mais il n’y a rien là d’indigne de celui qui de riche s’est fait pauvre pour nous, de Seigneur plein de grandeurs et de gloire est devenu pour nous un tout petit enfant ; de celui enfin qui disait : «Bienheureux les pauvres d’esprit parce que le royaume des cieux est à eux (Matth. V, 3), » et « si vous ne vous convertissez et ne devenez comme ce petit enfant, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux (Matth. XVIII, 8).» Aussi fit-il choix d’une étable et d’une crèche, d’une maison de terre, d’un abri construit pour des animaux, afin que nous sachions bien qu’il est celui qui élève le pauvre de dessus son fumier, et qui sauve les hommes et les bêtes.

Plaise à Dieu que nous soyons la Bethléem de Juda et que le Seigneur nous fasse la grâce de naître en nous et de nous dire : « Puisque vous craignez le Seigneur, le Soleil de justice naîtra au milieu de vous (Malach. IV, 2) ! » […] Pour voir la majesté de Dieu en nous, nous avons besoin en même temps de nous sanctifier et de nous tenir prêts. En effet, selon le prophète « la Judée devint sa sanctification (Psal. CXIII, 2), » attendu que la confession purifie tout. Quant au nom de Bethléem, qui veut dire la maison du pain, il me semble qu’il est mis là pour signifier la préparation. En effet, comment celui, qui dit « Je n’ai pas de pain à la maison (Is. XXXI, 7), » serait-il prêt pour recevoir un ami ? « 

Ie sermon pour le jour de Noël (St Bernard)

« Que crains-tu, ô homme, pourquoi trembles-tu à la pensée de la présence du Seigneur qui vient ? S’il vient, ce n’est pas pour te juger, mais pour te sauver. Jadis un de ses esclaves infidèles te persuada de lui dérober furtivement sa couronne et de ceindre ton front de son diadème. Pris sur le fait, tu avais tout à craindre, tu devais chercher à te soustraire à sa vue, d’autant plus que peut-être déjà le glaive flamboyait dans sa main. Mais aujourd’hui, dans le lieu de ton exil, là même où tu manges un pain arrosé de tes sueurs, un cri a retenti dans toute la contrée, le dominateur arrive. Où fuir le souffle de ses lèvres, où te cacher de sa présence ? Non, non, ne t’enfuis point, n’aie pas peur. Il ne vient pas les armes à la main, il ne veut point te punir, mais te sauver. Bien plus, pour que tu ne puisses dire encore : «J’ai entendu votre voix et je me suis caché (Gen. III, 10), » il vient aujourd’hui sous les traits d’un tout petit enfant qui, bien loin de parler, ne fait entendre que des vagissements plus touchants que terribles, du moins pour toi, sinon pour tout autre. Il s’est fait tout petit enfant, une Vierge mère enveloppe ses membres délicats de langes, peux-tu trembler encore ? Reconnais du moins à ces signes qu’il est venu, non pour te perdre, mais pour te sauver, non pour te garrotter, mais pour t’arracher à tes chaînes. Déjà même il lutte contre tes ennemis, déjà, cet enfant, qui n’est rien moins que la vertu et la sagesse de Dieu, foule de son pied le cou des grands et des superbes. »

Sources : St Augustin : aelf.org  -St Bernard : site de l’abbaye St Benoît de Port-Valais (http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard/index.htm)

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