C’est aujourd’hui la journée du malade

Homélie du lundi 11 février 2019 –  5ème semaine du temps ordinaire, fête de ND de Lourdes (Fr. Jean-Régis)

Nous commençons aujourd’hui la lecture du livre de la Genèse, le premier livre de la Bible. Ces deux prochaines semaines, nous parcourons les onze premiers chapitres qui forment la première partie de la Genèse. Ces onze premiers chapitres, qui précèdent l’histoire d’Abraham, nous renseignent sur l’origine du monde et de l’homme, sur l’origine du mal en l’homme et certaines de ces conséquences comme le déluge. Plusieurs exégètes aujourd’hui remettent en question l’historicité de ces chapitres invoquant leur expression symbolique, leur parenté avec les mythes assyro-babyloniens et l’impossibilité pour aucun homme d’être exactement renseigné sur l’origine de l’humanité. Peut-on en conclure à la non-historicité de ces chapitres ? L’enjeu de la question est grand pour la foi puisque c’est sur ces chapitres et en particulier sur les trois premiers chapitres de la Genèse que se fonde l’édifice de la Foi : création de l’homme dans un état de sainteté originelle, le péché originel, la nécessité de la Rédemption pour l’homme… Cette question de l’historicité des onze premiers chapitres de la Genèse est une question très complexe et essentielle pour la cohérence et le sens de la foi chrétienne. Le Magistère a posé des jalons en vue de concilier à la fois la Tradition, qui est en faveur de l’historicité, et la réflexion scientifique. Le pape Pie XII dans l’encyclique Humani Generis fait remarquer que ces chapitres de la Genèse, « quoiqu’ils ne répondent pas de façon rigoureuse au concept de l’Histoire qui fut celui des grands historiens grecs et latins, ou qui est celui des maîtres de notre temps, toutefois appartiennent, en un sens véritable, que les exégètes devront encore explorer et établir, au genre historique. » N’oublions pas que la Genèse comme tous les livres de la Bible sont des livres inspirés.

Dans les versets entendus en ce jour, on aperçoit déjà une hiérarchie des créatures qui est exprimée par l’ordre des « six jours », qui va du moins parfait au plus parfait. Comme le rappelaient les Pères du Concile Vatican II, « c’est en vertu de la création même que toutes les choses sont établies selon leur consistance, leur vérité, leur excellence propre avec leur ordonnance et leurs lois spécifiques » (GS 36). Les différentes créatures, voulues en leur être propre, reflètent, chacune à sa façon, un rayon de la sagesse et de la bonté infinies de Dieu. Dieu aime toutes ses créatures, il prend soin de chacune. Respecter les lois inscrites dans la création et les rapports qui dérivent de la nature des choses est un principe de sagesse et un fondement de la morale. Pour chacune des œuvres des « six jours » il est dit : « Et Dieu vit que cela était bon ». Aussi avons-nous repris le psaume 103 : « Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens. »

En ce 11 février, nous sommes heureux de fêter Notre-Dame de Lourdes en commémorant la première des dix-huit apparitions de la Vierge Marie à Bernadette. Ce n’est qu’à la seizième apparition que la Dame révèlera son nom : « Je suis l’Immaculée Conception » Oui Notre-Dame est le chef d’œuvre de la création, l’étoile de la mer, l’aurore du salut, la porte du ciel. Son appel à la pénitence et à la conversion  est toujours actuel : « Pénitence, pénitence, pénitence. Priez pour les pécheurs ». En ce jour, confions-lui la construction du site Notre-Dame des Neiges, elle qui a demandé à Bernadette : « Allez dire aux prêtres qu’on bâtisse ici une chapelle et qu’on y vienne en procession ». C’est aujourd’hui la journée mondiale du malade. Prions pour nos parents, nos frères et sœurs et amis malades. Comme le désirait Jean Paul II, que chaque malade soit réconforté, consolé, soulagé et puisse comprendre qu’il n’est pas inutile sur la terre, particulièrement si on lui révèle l’importance de l’évangile de la souffrance. Comme Jean Paul II l’a dit, c’est l’évangile supérieur, c’est cet évangile qui obtient la conversion des cœurs par l’union à Jésus, qui obtient la fécondité de la mission de l’Eglise. Oui confions aux malades la fécondité de notre mission et de la mission de l’Eglise.

En ce 11 février, nous sommes bien sûr en très grande communion de prière avec Benoît XVI : il y a six ans, il annonçait qu’il renonçait à l’exercice actif du ministère pétrinien et qu’il se retirait dans la prière et l’offrande. Oui, prions et soutenons Benoit XVI qui prie, souffre et offre pour l’Eglise.

Enfin, pour notre Famille Domini le 11 février est une date importante. On ne peut pas rappeler ici tous les évènements marquants, retenons-en trois : le 11 février 1946, notre Père a été nommé curé de St Pierre de Colombier. Même si Père Bernard est absent aujourd’hui, avec lui nous remercions la Vierge Marie pour la grâce de conversion qu’il a reçue le 11 février 1975. Enfin, il y a cinq ans, le 11 février 2014, nous avons commencé nos 1/2h d’adoration quotidienne du saint Sacrement. En venant à Lourdes en 2008, Benoît XVI avait rappelé l’importance que la Vierge Marie, en apparaissant à Bernadette, avait donnée à la prière. Dans l’homélie du 14 septembre, il avait dit : « Marie vient nous rappeler ici que la prière, intense et humble, confiante et persévérante, doit avoir une place centrale dans notre vie chrétienne. La prière est indispensable pour accueillir la force du Christ. « Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l’action » (Deus caritas est, n. 36). Se laisser absorber par les activités risque de faire perdre à la prière sa spécificité chrétienne et sa véritable efficacité. »  Confions donc au Cœur immaculé de Marie ces temps d’adoration quotidiens : que notre union à Jésus soit de plus en plus profonde et intense et qu’elle rejaillisse dans notre unité entre nous.

Fr. Jean-Régis – 11 février 2019

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *