La base de toute vie chrétienne, c’est l’amour. Et nous devons en témoigner !

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WE Jeunes à Saint Pierre de Colombier : « Dieu n’est pas mort ! »

3e enseignement (Fr. Pio)

Les raisons de croire et le témoignage de vie personnelle

[ NB : Le 1er enseignement (le danger de l’humanisme athée) est disponible ici !

Le 2e enseignement (nos raisons de croire) est disponible ici ! ]

Ce week-end nous a permis d’approfondir deux choses :

  • la mentalité de la société actuelle conditionne nos raisonnements et nous influe tous jusqu’à nous imposer un schéma de pensée, d’agir et de vie

  • l’homme est en mesure, selon les mots même de St Paul dans l’Ecriture, de parvenir à Dieu par ce qui est créé, de trouver tout un tas, non pas de preuves, mais d’arguments convergents en faveur de l’existence de Dieu

 

Ce que nous allons dire maintenant a pour but de nous faire prendre conscience que l’essentiel d’un témoignage n’est pas dans les arguments que nous donnerons, si scientifiques soient ils, mais plutôt dans le témoignage de notre vie personnelle : ce que nous sommes concrètement, ce que nous vivons, nos actes concrets.

 

Frère Joseph l’a déjà dit, les raisons de croire ne sont pas des absolus. Ils constituent un atout très important pour l’évangélisation, certes, mais ils n’en sont pas pour autant le fondement. En effet, comme le dit St Paul au chapitre 13 de la première lettre au Corinthiens : «Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien.  (1Co 13) »

Par ces mots, St Paul nous dit en somme que ce qui est à la base de toute vie chrétienne, c’est l’amour. Si l’on avait toute la science du monde, si l’on n’a pas l’amour, si l’on ne vit pas ce que Jésus nous demande, nous somme comme du vent : ce que nous faisons ne demeure pas. Nous sommes, dans ce cas, comme celui qui écoute les paroles de Jésus, en témoigne auprès de tous, mais ne le mets pas en pratique, et dont Jésus parle dans l’évangile :

« Ce n’est pas en me disant: Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le Royaume des  Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux.  (Mt 7) »

 

Explicitons cela. Premièrement, on peut dire que chercher à témoigner de Jésus, comme tout ce que l’on fait dans la vie, nous implique dans tout notre être. Ainsi, si l’on témoigne, si l’on cherche à convaincre de l’existence de Dieu, de l’amour de Jésus, et qu’en même temps, on ne met pas en pratique nous même ce que l’on prêche auprès des autres, on est en quelques sorte « hypocrite » : cela ne « fonctionne » pas.

On le voit bien, quand une personne dit un tas de choses, et qu’elle-même ne vit pas ce qu’elle dit, on ne le prend pas au sérieux bien au contraire. Mère Marie Augusta disait que Jésus aime les idées vécues et qui font vivre : cette petite phrase est très importante et peut beaucoup aider à guider notre vie de tous les jours. Elle permet d’éviter de tomber dans de belles considérations spirituelles, mais qui ne servent à rien si on ne les vit pas.

 

D’une façon moins directe, le fait de ne pas rendre le témoignage d’une vie toute tendue vers la sainteté nous prive des grâces et de l’amour nécessaires pour rendre le témoignage rendu par la parole efficace. La sainteté de vie, la grâce, sont comme le « carburant », la « source d’énergie » pour que l’évangélisation soit efficace.

 

Illustrons par quelques exemples :

  • Le grand auteur français Emile Zola avait dit que s’il voyait un miracle, il se convertirait. Il est allé à Lourdes, et il a été témoin d’un miracle. Toutefois, il ne s’est pas converti.

Cela montre que les faits, les raisons humaines, ne font pas tout dans une conversion. On peut parfois se trouver nez à nez avec la vérité, ce n’est pas cela qui la fait pénétrer en nous et qui fait que nous l’acceptons. De même pour les paroles que nous pouvons dire : elles peuvent aider, et il faut chercher à les exploiter autant qu’il est possible et qu’il est juste de le faire, mais en s’appuyant avant tout sur l’amour, sur Dieu.

Cette petite histoire rappelle aussi avec insistance combien l’histoire du mauvais riche et de Lazare le pauvre est vibrante d’authenticité : un mort pourrait bien ressusciter, l’homme au cœur fermé ne se convertira pas.

 

  • Le deuxième exemple est celui d’Edith Stein, Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix. Elle est juive, philosophe, carmélite et martyre.

Elle est née à Breslau (Silésie) le 12 octobre 1891, 7ème enfant d’une famille juive fervente. A quinze ans, au lycée, Édith décide de « ne plus prier ». Adolescente, puis étudiante, elle se rapproche des milieux intellectuels athées. Elle ne croit pas à cette époque en l’existence d’un Dieu personnifié. Comme il fallait s’y attendre d’une intelligence aussi douée, elle n’acceptait rien qu’elle n’ait auparavant minutieusement examiné, la religion de son propre père comprise. Se retournant sur cette période d’inquiétude spirituelle, elle y reconnaît une étape importante dans son mûrissement intérieur lorsqu’elle constate que « Ma quête de vérité était mon unique prière ».

Mais ce qu’elle décrit comme sa première rencontre avec Jésus, ce n’est pas les livres ou les savantes recherches qu’elle a menées. Elle fut touchée par la veuve fervente d’un ami d’études qui, au lieu de sombrer dans le désespoir de la mort de son mari, puisait énergie et espoir dans la Croix du Christ. Elle écrira plus tard : « Ce fut ma première rencontre avec la Croix et avec la puissance divine que reçoivent ceux qui la portent. Pour la première fois, l’Église, née de la Passion du Christ et victorieuse de la mort m’apparut visiblement. Au moment même mon incrédulité céda, le judaïsme pâlit à mes yeux tandis que la lumière du Christ se levait en mon cœur. La lumière du Christ saisie dans le mystère de la Croix. ».

Cet exemple est caractéristique de ce que nous voulons dire : la recherche de la vérité conduit à Dieu, mais c’est l’amour qui touche au plus profond de l’être. L’homme est fait pour aimer et être aimé.

 

  • Enfin, c’est un fait qui va dans le même sens : on entend bien plus souvent des témoignages de personnes qui ont été touchées sinon retournées par l’amour de chrétiens comme seule réponse face à la haine, l’humilité face à l’orgueil, que des témoignages de personnes suite à un débat intellectuel, ou même suite à une évangélisation, sans bien sûr déprécier le témoignage par la parole, par le prêche, par l’évangélisation.

 

En outre, la recherche de la sainteté avant tout passe par des choses très concrètes. Ce qui est devenu normal ou banal dans notre monde actuel ne doit pas nécessairement l’être pour nous. Ainsi, il faut puiser en Jésus la force et le courage pour vivre au quotidien selon sa Loi et non pas selon le monde. Et cela aussi est un témoignage très fort. En voyant que nous ne suivons pas le monde pour les actes au quotidien, cela peut ramener ceux qui nous entourent à leur conscience.

Pour prendre un exemple concret : si dans une discussion entre amis, on vient à parler de l’avortement et que l’on a le courage simplement de dire que c’est réellement, même si l’on n’entre pas dans une argumentation élaborée, cela peut toucher. Autre exemple : si l’on vit ce que l’Eglise enseigne quant à la chasteté avant le mariage, c’est un excellent témoignage et cela interroge beaucoup. On ne dit rien, on ne fait même rien de plus que ce que l’on vit habituellement, mais cela a de la force. De même pour la consécration religieuse…

 

En résumé :

  • Le raisons de croire sont bonnes, vraies, et il nous faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rendre compte de notre foi devant les hommes : il est bon de les étudier pour rendre témoignage de Dieu devant les hommes. Dieu nous donne des capacités humaines, quelles qu’elles soient, il faut les mettre à son service avec la même ardeur que nous les utiliserions pour des choses humaines
  • Toutefois, ces raisons de croire, comme tout moyen humain au service de Dieu, doivent toujours être subordonnés à la recherche de Dieu, de la sainteté, de l’amour, en toutes choses.

 

C’est l’amour et l’amour seul qui doit nous faire agir. C’est l’amour et l’amour seul qui converti.

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