Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse…

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Dans la médiathèque Domini… Marie, Mère du Bel Amour

A l’approche de la solennité de Saint Joseph, nous voudrions vous faire découvrir un peu plus la grande pureté de cœur de l’époux de Marie, choisi par Dieu pour être « l’intendant des mystères divins », le protecteur de la Sainte Famille et du mystère de l’Incarnation. Pour illustrer cela, nous vous proposons ci-dessous un extrait de l’exhortation apostolique Redemptoris custos (le gardien du Rédempteur) de Saint Jean-Paul II, ainsi qu’une vidéo extraite de notre session Jeunes de Toussaint 2017, sur l’amour humain et la transmission de la vie. Cela nous permettra d’approfondir un peu plus, en ces temps particulièrement troublés, ce qu’est le Bel Amour avec pour modèle St Joseph et la Sainte Vierge. L’ensemble des vidéos de cette session est disponible ici.

Extraits de l’exhortation apostolique Redemptoris Custos :

« 18. L’évangéliste parle de Marie comme d’ « une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph » (Lc 1, 27).

Avant que commence à s’accomplir « le mystère caché depuis des siècles en Dieu » (Ep 3, 9), les Évangiles présentent à nos yeux l’image de l’époux et de l’épouse. Selon la coutume du peuple hébreu, le mariage se concluait en deux étapes: on célébrait d’abord le mariage légal (vrai mariage), et c’est seulement après un certain temps que l’époux faisait venir l’épouse chez lui. Avant de vivre avec Marie, Joseph était donc déjà son « époux »; toutefois, Marie gardait au fond d’elle-même le désir de réserver exclusivement à Dieu le don total de soi. On pourrait se demander de quelle manière ce désir se conciliait avec le « mariage ». La réponse ne vient que du déroulement des événements du salut, c’est-à-dire de l’action spéciale de Dieu même.

Depuis l’Annonciation, Marie sait qu elle doit réaliser son désir virginal de se donner à Dieu de façon exclusive et totale précisément en devenant mère du Fils de Dieu. La maternité par le fait de l’Esprit-Saint est la forme de don que Dieu lui-même attend de la Vierge « accordée en mariage» à Joseph. Marie prononce son fiat. Le fait qu’elle est « accordée en mariage » à Joseph est compris dans le dessein même de Dieu. C’est ce qu’indiquent les deux évangélistes cités, mais plus particulièrement Matthieu. Les paroles adressées à Joseph sont très significatives: « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit-Saint. » (Mt 1, 20.) Elles expliquent le mystère de l’épouse de Joseph: Marie est vierge dans sa maternité. En elle, « le Fils du Très-Haut » prend un corps humain et devient « le Fils de l’homme ». En s’adressant à Joseph par les paroles de l’Ange, Dieu s’adresse à lui comme a l’époux de la Vierge de Nazareth.

Ce qui s’est accompli en elle par le fait de l’Esprit- Saint exprime en même temps une particulière confirmation du lien sponsal qui préexistait déjà entre Joseph et Marie. Le messager dit clairement à Joseph : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. » Ainsi, ce qui était advenu auparavant – son mariage avec Marie – s’était fait par la volonté de Dieu et devait donc être conservé. Dans sa maternité divine, Marie doit continuer à vivre comme « une vierge, épouse d’un mari » (cf. Lc 1, 27).

19. Dans les paroles de l’ « annonciation » nocturne, non seulement Joseph entend la vérité divine sur la vocation ineffable de son épouse, mais il y réentend aussi la vérité sur sa propre vocation. Cet homme « juste », qui, dans l’esprit des plus nobles traditions du peuple élu, aimait la Vierge de Nazareth et s’était lié à elle d’un amour sponsal, est à nouveau appelé par Dieu à cet amour.

« Joseph fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse » ; ce qui est engendré en elle « vient de l’Esprit-Saint » : ne faut-il pas conclure, devant ces expressions, que son amour d’homme est, lui aussi, régénéré par l’Esprit-Saint ? Ne faut-il pas penser que l’amour de Dieu, qui a été répandu dans le cœur de l’homme par le Saint-Esprit (cf. Rm 5, 5), façonne de la manière la plus parfaite tout amour humain ?

Il façonne aussi – et d’une façon tout à fait singulière – l’amour sponsal des époux, et il approfondit en lui tout ce qui est humainement digne et beau, ce qui porte les signes de l’abandon exclusif de soi, de l’alliance des personnes et de la communion authentique du Mystère trinitaire.

« Joseph… prit chez lui son épouse mais il ne la connut pas jusqu’à ce qu’elle eut enfanté un fils. » (Mt 1, 24-25.) Ces paroles indiquent une autre proximité sponsale. La profondeur de cette intimité, l’intensité spirituelle de l’union et du contact entre personnes – de l’homme et de la femme proviennent en définitive de l’Esprit, qui vivifie (cf. Jn 6, 63). Joseph, obéissant à l’Esprit, retrouva précisément en lui la source de l’amour, de son amour sponsal d’homme, et cet amour fut plus grand que ce que « l’homme juste » pouvait attendre selon la mesure de son cœur humain.

20. Dans la liturgie, Marie est célébrée comme « unie à Joseph, homme juste, par les liens d’un amour sponsal et virginal ». Il s’agit en effet de deux amours qui représentent ensemble le mystère de l’Église, vierge et épouse, dont le mariage de Marie et de Joseph est le symbole. « La virginité et le célibat pour le Royaume de Dieu ne diminuent en rien la dignité du mariage, au contraire ils la présupposent et la confirment. Le mariage et la virginité sont les deux manières d’exprimer et de vivre l’unique mystère de l’Alliance de Dieu avec son peuple », qui est la communion d’amour entre Dieu et les hommes. Par le sacrifice total de soi, Joseph exprime son amour généreux pour la Mère de Dieu, lui faisant le « don sponsal de lui-même ». Bien que décidé à se retirer pour ne pas faire obstacle au plan de Dieu qui était en train de se réaliser en elle, sur l’ordre exprès de l’Ange, il la garde chez lui et respecte son appartenance exclusive à Dieu. D’autre part, c’est de son mariage avec Marie que sont venus à Joseph sa dignité unique et ses droits sur Jésus. « Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être créé rien au-dessus. Mais, comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il ait approché plus que personne de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les créatures. Le mariage est en effet la société et l’union la plus intime de toutes, qui entraîne de sa nature la communauté des biens entre l’un et l’autre conjoints. Aussi, en donnant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement un compagnon de vie, un témoin de sa virginité, un gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, un participant de sa sublime dignité ».

Sr. Marie-Joséphine – St Pierre de C., 30 octobre 2017

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