Laborem exercens : la dignité de l’homme au travail

Dans la médiathèque Domini… Laborem exercens

Hier, 1er mai, fête de Saint Joseph artisan, l’homélie de la messe nous a permis d’avoir un aperçu de l’encyclique Laborem exercens du Pape Jean-Paul II, publiée en 1981. En cette année Jean-Paul II, nous vous la partageons pour que vous puissiez, avec nous approfondir un peu plus l’héritage de ce grand pape !

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P. Bernard – 1er mai 2019, St Pierre de Colombier

Homélie du 1er mai 2019 en la Fête de Saint Joseph Travailleur.

Bien chers amis, le pèlerinage habituel du 1er mai en l’honneur de St Joseph et de Notre-Dame de Fatima se vivra, du fait de l’ordination diaconale de nos frères Augustin et Benoît, ce prochain dimanche 5 mai. Nous avons, cependant, gardé le programme habituel du 1er mai, pensé par le Père : procession des rogations et Messe de St Joseph travailleur.

En ce premier mai, qui risque d’être très violent au Venezuela, mais aussi en France et en d’autres Nations où travailleurs et familles sont désabusés, découragés et révoltés, nous devons avec l’Eglise révéler à nouveau le plan de Dieu sur le travail de l’homme et de la femme dans leur égalité et leur complémentarité. Le travail, en effet, ne doit pas être considéré du seul point de vue économique. C’est par leur travail que l’homme et la femme se réalisent en accomplissant le commandement de Dieu dans le livre de la Genèse : soumettez la terre.

St Jean-Paul II a donné une Encyclique très importante, le 14 septembre 1981, sur l’homme qui exerce un travail. II a souligné que le travail est une œuvre humaine. Les animaux ne travaillent pas ! C’est en tant que sujet, personne créée à l’image de Dieu, que l’homme travaille et c’est en travaillant qu’il accomplit sa vocation. Il faut voir le travailleur en toutes ses dimensions : son corps, son âme spirituelle, sa famille, sa vie en société, sa religion.

Le travail, disait encore Jean-Paul II, est le fondement sur lequel s’édifie la vie familiale, qui est un droit naturel et une vocation pour l’homme. Le travail est la condition qui rend possible la fondation d’une famille, qui exige les moyens de subsistance que l’homme acquiert normalement par le travail. Le travail et l’ardeur au travail conditionnent aussi tout le processus d’éducation dans la famille, précisément pour la raison que chacun «devient homme», entre autres, par le travail, et que ce fait de devenir homme exprime justement le but principal de tout le processus éducatif.

Jean-Paul II a souligné l’importance du travail des agriculteurs : « Le travail des champs connaît de lourdes difficultés, telles que l’effort physique prolongé et parfois exténuant, le peu d’estime que la société lui accorde au point de créer chez les agriculteurs le sentiment d’être socialement des marginaux et d’accélérer parmi eux le phénomène de l’exode massif de la campagne vers les villes et, malheureusement, vers des conditions de vie encore plus déshumanisantes » (21).

Jean-Paul II, qui a souffert en sa chair et a parlé de l’évangile supérieur de la souffrance, n’a pas oublié les handicapés et les malades (22) : « Il serait profondément indigne de l’homme et ce serait une négation de l’humanité commune de n’admettre à la vie sociale, et donc au travail, que des membres dotés du plein usage de leurs moyens, car, en agissant ainsi, on retomberait dans une forme importante de discrimination, celle des gens forts et sains contre les personnes faibles et les malades». Jean-Paul II n’avait pas oublié les émigrés (23) : « L’émigration pour motif de travail ne peut d’aucune manière devenir une occasion d’exploitation financière ou sociale ».

Il avait ensuite développé une spiritualité du travail : Jésus est le modèle parfait de tous les travailleurs. Travaillons pour la gloire de Dieu, le service de nos frères et la participation au mystère de la Rédemption. En offrant avec amour les plus petites choses de nos journées, nous répondrons au plan de Dieu sur l’humanité. Nous ne devons pas oublier, en ce premier mai, le travail des mamans ! Qui, aujourd’hui, se soucie de leur travail ? Les mamans qui éduquent généreusement leurs enfants et se donnent sans compter pour « tenir leur maison » ont droit à un salaire convenable ! En disant que la famille est le premier lieu où l’on apprend ce qu’est le travail, Jean-Paul II pensait, c’est évident, au travail des papas et des mamans. Le travail de la femme ne se réduit pas, cependant, au travail de mère au foyer. Notre monde a besoin du génie féminin pour être humanisé et pour que les relations entre les hommes ne soient pas uniquement centrées sur l’économie.

Le « Bon Pape Jean », dans l’Encyclique Pacem in Terris, avait abordé la question des travailleurs (40) : « chez les travailleurs de tous les pays, l’exigence est vivement sentie d’être considérés et traités non comme des êtres sans raison ni liberté, dont on use à son gré, mais comme des personnes » ; (41) « De plus en plus consciente de sa dignité humaine, la femme n’admet plus d’être considérée comme un instrument ; elle exige qu’on la traite comme une personne aussi bien au foyer que dans la vie publique » ; (42) « Plus de peuples dominateurs et de peuples dominés », disait-il encore ; (43) « On assiste, chez beaucoup, à la disparition du complexe d’infériorité ; chez d’autres, s’atténue et tend à disparaître, au contraire, le complexe de supériorité, issu de privilèges économiques et sociaux, du sexe ou de la situation politique ».

La doctrine sociale de l’Eglise s’est encore développée avec Benoît XVI et, aujourd’hui, avec le Pape François. L’Eglise nous invite à redécouvrir la gratuité, le don de soi sans intérêt.

Nous devons constater que, malgré le développement de la technique et des communications, les conditions des travailleurs et de leur famille, ne se sont pas améliorées mais plutôt détériorées ! Le taux de chômage ne cesse de grandir. Beaucoup sont inquiets aujourd’hui en France et en Europe ? Pourquoi en est-on arrivé là ? La crise économique est-elle une fatalité ? N’est-elle pas plutôt la conséquence d’une autre crise plus grave encore : la crise spirituelle et morale ? Benoît XVI parlait de l’éclipse de Dieu. Là est bien le plus grand mal de notre monde ! La civilisation de l’Amour ne peut pas advenir sans Dieu et encore moins contre Dieu ! L’urgence de la Mission est le retour de Dieu dans le cœur des hommes. Ce retour permettra la redécouverte du plan de Dieu sur la création et la famille.

En ce 1er mai, contemplons la Sainte Famille dont parlait l’évangile : Jésus, Marie et Joseph. A Nazareth, elle ne faisait pas de bruit, mais elle rendait gloire à Dieu en travaillant humblement dans le silence, l’amour, la confiance mutuelle. Saint Joseph, charpentier, ne gagnait pas beaucoup d’argent, mais il subvenait aux besoins de la Sainte Famille. La Sainte Vierge assumait sa mission d’épouse et de maman. Elle était le cœur de la Sainte Famille. Jésus aidait ses parents en leur obéissant. Confions à Jésus, Marie et Joseph nos soucis et nos angoisses et demandons-leur de vivre dans la joie de l’évangile et dans la confiance en la divine Providence.  

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